mardi 21 octobre 2008

Une âme en paix reste en paix

Le Banc de Caplans est un endroit où je célèbre la vie. Mais plus je vieillis, plus je perds des amis. Je n'ai pas envie que ce blog devienne une chronique nécrologique, mais la mort fait partie de ma vie depuis longtemps... Pis là, j'ai encore perdu un être cher... Alors j'en parle puisque ça m'aide à accepter. Je suis profondément triste aujourd'hui... Encore...


Le grand coeur de mon grand ami Jean-Pascal l'a lâché hier. Enfin, il y a trois longues semaines. Nous sommes tous passés par une ride de montagnes russes émotionnelle intense durant ce temps. Tous ses amis et surtout sa famille... Le grand roller-coaster de la vie....





Le bonheur. Je n'étais pas la cette fois-là, mais croyez moi, c'est le genre de moments que j'ai vécus avec lui. Le même sourire franc. La même simplicité. Les mêmes yeux...




Nous avons cru au miracle, que tout reviendrait comme avant, c'est noble et sans regrets. Parce que Jean-Pascal est vraiment le gars à qui ca pouvait arriver... Mais nous avons eu le temps de réaliser que son état était trop grave pour un retour à une vie digne de son nom. La médecine a ramené son corps à la vie, mais pas son esprit...

La réalité nous rattrape parfois au détour. Jean-Pascal n'aurait jamais starté son skidoo lui-même cet hiver. Je peux le dire car je l'ai vécu. Je le connais assez pour prétendre qu'il n'aurait pas voulu un quart de vie. Oui je sais, c'est prétentieux, mais nous, ceux qui ont de la drive, je parle en son nom et au mien, on s'en calisse. C'est toute ou pantoute ostie!

Le grand détour. Faut passer par là pour monter dans le Rang six au coin de Papineau... À ce coin de rue, il y avait un mec qui y vivait, heureux. Dans une maison grande de même, aussi grande que son coeur grand de même. Et il s'appliquait à rendre son entourage heureux... Il n'aura jamais fait les choses à moitié et il l'a prouvé jusqu'au dernier souffle.

"Son grand coeur l'a lâché." Je disais cette phrase il y a un an presque jour pour jour sur ce blog, quand notre grand ami commun, Carl, est parti faire un tour lui aussi à cause de son grand coeur.

L'an passé, j'étais ailleurs, au niveau émotionnel. J'étais trop en criss après la vie, pas assez en paix avec la mort pour en parler avec autant de sérénité que cette fois-ci. Merci Carl. T'es plus là physiquement, tu m'as aidé à devenir une meilleure personne quand même. Tu es resté vivant dans mon coeur
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Je connais Jean-Pascal depuis 25 ans et c'est un des mecs les plus forts que j'ai connu. Je sais une bonne partie de son histoire, celle qu'il m'a racontée, celle qui m'a été contée par ses proches et celle que nous avons vécue ensemble.

Nous avons tous les deux traversé des épreuves et nous nous sommes toujours crinqués l'un et l'autre à faire de notre la vie la meilleure qu'elle puisse être, en regardant en avant peu importe les écueils et les récifs, sans regrets ni remords ni jugement sur le passé. Merci mon vieux.

Oui nous avons fait le party et déconné sérieusement lorsque nous étions des ados, encore des enfants presque.

Mais nous avons toujours grandi par le support moral que nous nous donnions mutuellement. Malgré la déconnade qui peut sembler futile à priori, nous grandissions en tant qu'humains par ces conversations sérieuses et constructives sur le sens et le non-sens de la vie que nous avions lors de ces folles soirées... Ceux qui s'y retrouvent se reconnaîtront ici et savent de quoi je parle. Nous aurions pu abandonner. Nous laisser aller à nous apitoyer sur notre sort. Mais nous vivions à fond. Je continue en ton honneur mon ami, comme tu l'as fait jusqu'au bout mon ostie : )

Pour ça, je te considère comme un frère. Au vrai sens du mot. La fraternité. La concordance. L'union....

On ne choisit pas un frère ou une soeur biologique, il est là et on fait avec... Mais un ami avec qui on partage joies et peines, un ami qu'on sait que même si nos routes se séparent, on se retrouve toujours au détour malgré tout, comme si c'était hier, en toute simplicité. C'est ça la fraternité. C'est ce qu'il y de plus beau dans la vie et je t'en serai toujours redevable et reconnaissant. C'est pourquoi j'ose prétendre que tu es ce frère que je n'ai jamais eu biologiquement. Et je ne suis pas le seul. Nous le savons...

La dernière fois qu'on s'est vu dans le blanc rougi des yeux, le lendemain du party pour Carl, la batterie de mon char était à terre. Pis moi j'étais hangover total. Les matins sont toujours plus durs que les soirées hein?

J'ai déjeuné avec l'amour de ta vie, Joyce, et notre frère, Etienne. Notre nounours préféré à nous trois... Tu étais déjà parti aider un ami sur une corvée. Tu es revenu juste à temps...

Tu as pris ton gros Jeep rouge dont tu étais si fier. Tu as boosté ma batterie. Pas juste celle du char... La mienne qui tape dans le fond de ma cage thoracique aussi. Merci mon vieux. Ta joie de vivre, ta simplicité, tu me l'as transmise et je m'appliquerai à la respecter en ton honneur.

Nous nous le sommes répété à plusieurs occasions et la dernière fois que nous avons communié ensemble, en l'honneur du grand blonc disparu, nous apprécions la vie pour ce qu'elle a de plus beau, l'amitié. Merci. Ton ouverture aux rapports humains, à ton prochain est une grande leçon que tu m'as apprise.

Je sais que ça va bien aller pour nous tous qui restons, car toi et Carl me l'avez confirmé dans mon sommeil. Je n'ai pas rêvé dans mon rêve. C'était trop réel pour que soit des fantasmagories... Nous étions sur le pont en train, on ne faisait pas semblant, comme si on y pensait... Les regards complices que vous m'avez lancés, sans mot dire, comme on faisait ensemble, ces heures sans rien se dire et se sentir bien avec juste un clin d'oeil à l'heure. Je le sais que tout est correct depuis ces rêves. Vous me l'avez fait sentir clairement. Merci.

Jean-Pascal, mon ami, mon frère, tu resteras toujours vivant dans mon coeur et dans mon esprit. Merci à la vie d'avoir fait se croiser nos routes!

La disparation des étoiles dans l'horizon n'est qu'obscurci temporairement par quelques nuages. Tout s'emboîtera. La constellation prendra sa forme. Nous formerons l'image de cette petite ourse, toujours en place. Et nos amis seront la mire au milieu. Les guides. Comme ce soir chez toi il ya deux ans Jean-Pascal, à contempler Polaris qui se tient juste au-dessus de ton plus grand arbre..
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Nous chasserons l'ours polaire un de ces quatre, tous ensemble... Et Carl me révélera enfin ce qu'il a senti vraiment dans le grand nord et qu'il n'a jamais osé me dire vraiment... Mais toi Pascal, tu le sais maintenant mon tabarnak. J'suis vraiment pas pressé de savoir ce que vous savez, même si je m'en doute.... En attendant, ben je surf sur la vague de la vie en votre honneur. Pis on se retrouvera ben un jour, dans longtemps j'espère. Car je sais que vous n'êtes plus pressés. Et moi non plus.